Qui a le pouvoir de choisir sa famille? Pas vous, pas elle.
Alors, elle découvrira la vie au milieu d'un grand frère et de ses deux parents. Elle apprendra que amour ne signifie pas toujours caresse mais parfois violence et viol.
Bien souvent ses événements naissent d'un sentiment d'injustice. D'une vie ratée, qu'on peine à contôler.
Ce n'est que plus tard qu'elle comprendra qu'à une cause et lié un effet, la source de tous ces soucis..
Si elle aimait sa famille, elle chérissait par dessus tout une femme, une seule, son arrière grand-mère, celle a qui elle aimait rendre visite même avec la maladie, même en sachant que peut-être un jour elle ne la reconnaîtrait plus. Cette femme, la plus courageuse à ses yeux, lui faisait oublier toutes ces tentions qui régnaient chez elle. Elle oubliait, l'espace d'une petite heure, qui elle était, avec qui elle vivait, ce qui lui faisait peur...
Elle oubliait sa vie d »'enfant martyr » au même rythme que cette femme oubliait toutes ces années ou elle etait restée debout, au même rythme qu'elle oubliait la guerre et les êtres qu'elle y avait perdus. Au même rythme qu'elle oubliait sa famille, leurs visage, leurs noms.
Tous, uns à uns, sauf une. Elle, sa petite-fille.
Alors, comme de nombreuses fois précédentes, ce jour-là, elle alla lui rendre visite. Parce qu'elles savaient ce qui arriverait, parce qu'elles savaient que la vie les séparerait, elles discutèrent, simplement. La vieille femme pris la main de sa petite fille, leurs regards se croisèrent. Le temps semblait se figer sur ce qu'elles savaient être leur dernier instant de vie commune.
Cette dernière étreinte, ce dernier regard, au fond de l'âme comme on dit, était la fin d'une très belle histoire -celle de deux êtres qui malgré les générations qui les séparaient, s'aimaient- et le début d'un long calvaire.
A ce décès succéda celui d'un grand-père... Deux décès, deux de trop à supporter pour cette femme, pour sa mère qu'elle verra sombrer peu à peu.
L'appel de l'alcool, un corps qui malgré lui ne peut pas résister à la tentation... et à la mort. L'alcool pour seul ennemie d'un corps qui ne demandait pas réellement à partir... L'alcool qui aura tué un grand-père, un papa, et qui aura fait des prochaines années un enfer pour cette maman. Parce qu'il est dur de se relever après un décès et que parfois, on n'y arrive pas...
Ajoutez à cela, un mariage qui gardera un goût de violence. D'une femme peut-être pas tant amoureuse que ça et qui, pendant plusieurs années se laissera battre et violer par celui qu'elle a épousé, celui avec qui elle a eu des enfants.
Le vice qui aura tué son père deviendra son propre vice. L'alcool...et la dépression.
Alors, on délaisse un peu ses enfants... La maladie la tuait, tout en tuant le lien familial qui faisait d'elle une femme.
Un grand frère qui, parfois, se retrouve témoin de telles violences, et qui par imitation sûrement, pour tester très probablement, peut-être aussi par manque de limites, "touchera" sa s½ur.
L'histoire ne dit pas pourquoi. Pourquoi mémé est morte, pourquoi maman sombre dans l'alcool, pourquoi vouloir mourir et pourquoi ce frère touche à ce corps qui est le mien ?
Tant de questions qui restent au coin de la tête d'une petite fille qui, aujourd'hui, tente malgré tout de devenir une femme.
Alors si à sa naissance, la petite fille poussa son premier cri de survie, aujourd'hui c'est un cri de haine, d'injustice et un besoin de dire ce qui parfois reste tabou.
Elle aura vécu l'alcoolisme d'une mère, la violence d'un père qui deviendra celle d'une frère mais elle continuera d'aimer la vie. Elle se forcera à l'aimer pour ne pas succomber à l'ivresse et la défaillance... Pour ne pas plonger dans le vice qui fut celui d'une trop grande partie des êtres qu'elle aimait.
Merci (k)